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| (c) Jean-Pierre Maurin |
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UN VOYAGE D'HIVER
Création 2006
Ce qui rend l'oeuvre de Schubert si émouvante c'est son ambivalence : l'émotion vient de la rencontre entre un thème populaire presque joyeux et un jeu de tonalités qui le rend sombre. Cette gaîté aux couleurs tristes donne le climat d'Un Voyage d'hiver. La création d'Un voyage d'hiver a permis le questionnement de l'héritage musical et chorégraphique baroque dans la période préromantique. Il ne semble pas qu'il y ait eu de rupture, mais plutôt une évolution douce. Les grands cycles, tel le Voyage d'hiver de Schubert sont composés d'une succession d'airs aux carrures simples et régulières. Ces formes strophiques rappellent étrangement les structures des danses baroques et le mouvement semble encore être à l'origine de l'écriture rythmique de la musique. Ici, la marche, récurrente dans la Winterreise devient le symbole d'une quête.
Les danseurs et les deux musiciens, chanteur et pianiste, forment un groupe amical, à l'identique de celui des Schubertiades, auditoire exclusif de l'œuvre du vivant de Schubert. Ils racontent une histoire dont aucun n'est le héros. Ils voyagent ensemble dans un pays féerique appelé "musique". C'est elle qui initie ce voyage, se concrétisant dans la mobilité du piano. Son trajet symbolique transforme l'espace scénique et chorégraphique. L'abstraction de ce voyage musical ouvre l'imaginaire et permet l’éloignement de la narration des textes chantés. Un climat nostalgique s'installe jouant de l'ambivalence d'une chorégraphie aux couleurs douces, parfois gaies et d'une musique qui fait route inexorablement vers des contrées obscures.
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